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La République centrafricaine devient le dernier « pays tiers » pour des personnes expulsées des États-Unis

Les autorités ne devraient pas renvoyer de force des personnes vers l’Iran, l’Afghanistan et d’autres pays à haut risque

Une rue de Bangui, la capitale de la République centrafricaine. © 2016 Reuters

Le 12 juin, la République centrafricaine a accueilli 18 hommes et femmes de différentes nationalités expulsés des États-Unis, malgré sa fragilité en tant que pays qui se remet de décennies de conflit et traverse une crise humanitaire prolongée.

Parmi les nouveaux arrivants figuraient des personnes originaires d’Afghanistan, d’Iran, d’Irak, de Jordanie, de Turquie, d’Arménie, de Géorgie, du Kirghizistan, du Cameroun, d’Égypte et de Tunisie, qui bénéficiaient toutes des protections ordonnées par des tribunaux américains contre l’expulsion vers leurs pays d’origine en raison de craintes de persécution ou de torture.

Les autorités centrafricaines devraient faire ce qui s’impose et protéger toutes personnes craignant des persécutions, des tortures ou d’autres atteintes graves dans leurs pays d’origine. En vertu du droit international, ces personnes ne devraient pas être rapatriées de force.

C’est la première fois qu’un État africain participant à un accord de transfert vers un pays tiers avec les États-Unis accueille des personnes en provenance d’Iran et d’Afghanistan, où les risques sont particulièrement élevés pour des personnes renvoyées. 

En Iran, bien qu’un accord de paix provisoire ait mis fin aux combats actifs contre les États-Unis et Israël, la situation déjà désastreuse du pays s’est aggravée ces derniers mois. Des dizaines de milliers d’arrestations ont suivi les massacres de manifestants et de passants perpétrés en janvier dans tout le pays.

Depuis mars, les autorités iraniennes ont exécuté de manière arbitraire au moins 44 hommes sur la base d’accusations à caractère politique, dont au moins deux avaient été condamnés à mort après leur retour de l’étranger. Une mission d’enquête de l’ONUconclu que les autorités iraniennes s’étaient rendues coupables de crimes contre l’humanité.

En Afghanistan, la situation des droits humains n’a cessé de se détériorer. Les femmes et les filles sont victimes d’une discrimination et d’une répression institutionnalisées de la part des talibans. Les défenseurs des droits humains, les journalistes et les anciens fonctionnaires sont particulièrement exposés. Human Rights Watch a documenté des cas de personnes renvoyées de force qui ont été détenues arbitrairement et torturées. L’Afghanistan est également confronté à une situation économique désastreuse, marquée par une flambée du chômage et un système de santé défaillant.

Étant donné que six des personnes expulsées par les États-Unis vers la République centrafricaine sont des femmes, les autorités devraient veiller à ce que les conditions d’accueil respectent leur dignité, leur vie privée et leur accès aux produits de première nécessité, y compris les produits d’hygiène menstruelle.

Les autorités centrafricaines n’auraient pas dû se rendre ainsi complices des maltraitances des réfugiés et des demandeurs d’asile commises par les États-Unis. Maintenant qu’elles l’ont fait, elles devraient garantir aux personnes expulsées le droit à une procédure régulière, la liberté de circulation et des conditions de vie adéquates. Le pays devrait refuser de continuer à servir de dépotoir pour les personnes que les États-Unis refusent d’accueillir.

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Sur X : https://x.com/hrw_fr/status/2071628036831649900

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